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À la rencontre du PNLS, Esperancia Jean Noël fait parler les données sur les violences basées sur le genre

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il y a 3 heures
3 min de lecture

Entre violences, déplacements forcés, précarité et besoin de soutien psychosocial, les données présentées par l’ODELPA dressent un tableau préoccupant de la situation des survivantes de violences basées sur le genre en Haïti.



Le vendredi 2 octobre 2026, le Programme national de lutte contre le sida (PNLS) a réuni des représentants de la société civile et des groupes vulnérables aux IST autour d’une présentation des résultats des différentes interventions institutionnelles et communautaires menées dans riposte contre le VIH.


Organisée dans les locaux de l’Unité de coordination des maladies infectieuses et transmissibles ( (UCMIT) , la rencontre visait notamment à présenter les réalités observées sur le terrain et à formuler des recommandations pour la prochaine année fiscale, avec en perspective les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030.

Présente à cette rencontre, l’officière de communication de l’ODELPA, Esperancia Jean Noël, a fait parler les données issues du département psychosocial de l’organisation.


Les chiffres racontent une réalité difficile.


De janvier à septembre 2026, 109 femmes victimes de violences basées sur le genre (VBG) ont été reçues par le département psychosocial de l’ODELPA. Derrière ce nombre se trouvent des femmes aux parcours marqués par différentes formes de violences, mais aussi par une grande vulnérabilité sociale et économique. L’âge moyen des femmes reçues est de 42 ans. Parmi elles, 96 % sont sans emploi, tandis que 55 % sont des personnes déplacées internes.


Ces données, selon la journaliste, mettent en évidence le lien entre violences, précarité et déplacement. Pour certaines survivantes, la violence ne se limite pas à l’agression subie : elle s’accompagne de la perte d’un proche, d’un logement ou de moyens de subsistance : « 109 femmes, ce ne sont pas seulement 109 dossiers. Ce sont 109 vies marquées par la violence, et probablement bien davantage de femmes qui n’ont jamais pu accéder à un service d’accompagnement » déplore-t-elle.


Les données présentées révèlent également l’ampleur des violences liées au contexte sécuritaire. En moyenne, les victimes rapportent trois agresseurs. De plus, 59 % déclarent avoir perdu un proche ou leur logement. À cette situation s’ajoute l’absence de soutien extérieur : 84 % des femmes recensées ne reçoivent jamais ou rarement une aide extérieure.


Dans un contexte où de nombreuses familles sont contraintes de quitter leur lieu de résidence, les survivantes de VBG se retrouvent souvent confrontées à plusieurs vulnérabilités simultanées.


« Pour une femme déplacée qui a perdu un proche, un logement ou ses moyens de subsistance, demander de l’aide ne relève pas simplement d’une démarche médicale. C’est souvent chercher à reconstruire une vie après plusieurs traumatismes », déclare la Juriste.


L’accès rapide aux soins constitue un autre enjeu majeur. Selon les données présentées par l’ODELPA, le délai de 72 heures est très rarement respecté après les violences. Or, ce délai peut être déterminant dans la prise en charge médicale d’une victime de violence sexuelle.



Mme Jean Noel a aussi abordé les difficultés d’accès aux services. A en croire l'officière de communication, l’insécurité, les déplacements et l’absence de mécanismes efficaces de référencement peuvent contribuer à éloigner les survivantes des soins dont elles ont besoin : « Quand les 72 heures deviennent presque impossibles à respecter, ce sont aussi les mécanismes de référencement, la sécurité, le transport et l’accès aux services qui doivent être interrogés » ajoute-t-elle.


Plus de 90 % des femmes recensées demandent une relocalisation et un soutien psychosocial. Cette forte demande montre que les besoins des survivantes dépassent largement la seule prise en charge médicale. La présentation de l’ODELPA s’inscrit dans une rencontre consacrée aux interventions liées au VIH et aux populations vulnérables aux IST. Elle rappelle ainsi que les violences basées sur le genre doivent être prises en compte dans les politiques et services de santé.


À travers cette présentation, Esperancia Jean Noël n’a donc pas simplement exposé des statistiques. Elle a placé les expériences des femmes victimes de violences au cœur d’une discussion sur la santé, les droits et l’accès aux services.

Les 109 femmes reçues entre janvier et septembre constituent une partie visible d’une réalité probablement plus vaste : celle des femmes qui n’ont pas pu signaler les violences, accéder à un service ou bénéficier d’un accompagnement.


A la fin de la rencontre, elle n'a pas hésité à insister sur le message qui ressort de cette rencontre : « les données ne doivent pas rester dans les rapports. Elles doivent servir à orienter les décisions étatiques, les ressources et les interventions. Derrière chaque pourcentage se trouve une personne. Et derrière chaque personne, une histoire qui mérite d’être entendue. »


À l’approche de 2030, l’enjeu est donc de transformer les données recueillies sur le terrain en réponses concrètes : des services accessibles, un meilleur référencement, un accompagnement psychosocial renforcé et des mécanismes de protection capables de répondre aux réalités vécues par les femmes victimes de violences. Jobenson ANDOU


 


 
 
 

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