CLM : les patients au cœur de la recherche de solutions dans les structures de santé

L’hôpital ICC Grace of Children, sis à Delmas 31, a accueilli le 30 septembre 2026 une équipe du Community-Led Monitoring (CLM), composée de Louise Augusta MOISE, membre du Groupe consultatif communautaire (GCC), et de Mickenia AUGUSTE, agent de terrain. Menée du 28 septembre au 9 octobre 2026 dans plusieurs structures de santé de six départements du pays : Centre, Artibonite, Ouest, Nord, Grand-Anse et Nippes, cette initiative constitue la dernière phase du cycle de suivi communautaire. Elle vise à présenter aux responsables les résultats recueillis auprès des usagers, à identifier les difficultés pouvant être résolues au niveau des structures et à dégager des pistes d’amélioration des services.
Des données au dialogue
Pendant environ 45 minutes, l’équipe a échangé avec Marie Kettélie CLOVIUS, infirmière et manager du site, à partir des résultats de la collecte menée en mai 2026 auprès de quinze patients. Les discussions ont porté sur plusieurs aspects de leur expérience de soins, du temps d’attente au suivi du traitement, en passant par la prévention et l’accompagnement.

Ainsi, 26,67 % des personnes interrogées jugent l’attente longue, notamment en raison de l’affluence. La prise des antirétroviraux constitue une autre source de préoccupation : 6,67 % déclarent avoir interrompu leur traitement par crainte des effets secondaires, tandis que 46,67 % disent en ressentir, notamment des douleurs abdominales, des nausées et des vertiges. Le suivi de la charge virale fait également apparaître des lacunes. 53 % des patients ne connaissent pas leur charge virale et 27 % n’ont pas effectué de test au cours des douze derniers mois. Par ailleurs, 7 % ne savent pas ce que signifie une charge virale indétectable.
Sur le volet de la prévention et de l’accompagnement, 60 % des personnes interrogées n’ont jamais entendu parler de la PrEP, alors que la structure signale son indisponibilité ainsi qu’une pénurie de lubrifiants à la suite de l’arrêt des subventions internationales. Le soutien psychosocial reste lui aussi peu connu : 85 % des treize personnes interrogées sur cette question ne connaissent aucun groupe de soutien. Enfin, 73,33 % indiquent ne recevoir aucune aide pour leurs déplacements.
« Ces situations ne concernent pas seulement cette structure. Nous les retrouvons aussi dans d’autres sites que nous avons visités. Pour moi, c’est important de placer le patient au cœur de la santé, parce que j’ai moi-même vécu la perte d’un proche à la suite d’un aspect de son suivi médical qui avait été négligé. Cette expérience m’a appris qu’il faut toujours regarder ce qui a été bien fait, mais aussi identifier ce qui peut être amélioré. C’est justement notre mission : reconnaître les efforts qui sont déjà réalisés et travailler à améliorer ce qui doit encore l’être », a souligné Mme MOISE.
Quand les constats ouvrent la voie aux solutions

À partir de ces résultats, les échanges ont permis de dégager des pistes directement liées aux difficultés observées. Pour réduire le temps d’attente, l’accent est mis sur une meilleure organisation des rendez-vous, le respect des heures d’ouverture et une information plus claire sur le déroulement des consultations.
Face aux difficultés liées aux antirétroviraux et à la charge virale, le renforcement de l’éducation thérapeutique, du counseling et du suivi des patients apparaît nécessaire. L’information sur les services disponibles et l’accompagnement communautaire doivent également être renforcés, notamment pour les personnes qui ne connaissent pas les groupes de soutien.
Marie Kettélie Clovius se dit disposée à poursuivre les efforts à partir des points identifiés. « Là où il y a des points faibles, nous allons travailler pour pouvoir les améliorer. Et là où il y a des points forts, nous allons aussi continuer sur la même ligne », a-t-elle proposé.
Les patients au centre, encore et toujours
Certaines préoccupations ne peuvent toutefois pas être réglées directement par les responsables de la structure. C’est notamment le cas de la disponibilité de la PrEP, qui renvoie à une difficulté plus large.
« Il y a des problèmes qui ne dépendent pas des responsables des sites. Par exemple, il y avait un problème de PrEP. C’est effectivement un problème national. Pour ces situations, c’est à nous de faire un plaidoyer au niveau de l’État », a souligné Louise Augusta MOISE.
La visite s’achève, mais le suivi ne s’arrête pas là. Dans les prochains jours, le CLM poursuivra la démarche, avec la même exigence : partir des difficultés vécues par les patients pour mesurer les progrès et faire évoluer les pratiques. À terme, c’est cette continuité entre écoute, suivi et action qui doit permettre de rapprocher les services de santé des besoins réels des patients.
Marc-Kerley FONTAL











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