Lancement des consultations de la société civile en prélude au CS8 à Pétion-Ville
- sitewebodelpa
- il y a 5 heures
- 5 min de lecture

Les locaux de l’Hôtel Villa Thérèse à Pétion-Ville ont accueilli, ce lundi 25 mai 2026, le premier jour d’un atelier de consultation crucial pour l’avenir des politiques de santé publique en Haïti.
Organisé sous le thème « Dialogue avec les communautés et les organisations de la société civile en prélude au CS8 ou GC8 », cet événement hybride se réalise sous l’égide de partenaires d’envergure tels que Le Fonds mondial (The Global Fund), PlanCatalyst, le Forum de la Société Civile et l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA). Il rassemble plus d’une cinquantaine de participant(e)s, principalement des acteurs communautaires issus de différentes organisations de la société civile. Ces assises participent à définir les priorités de la société civile pour le prochain Cycle de Subvention 8 (CS8) du Fonds mondial.
Une ouverture protocolaire et stratégique

Mme Marie Antoinette Toureau, représentante de la société civile, a ouvert la série des allocutions en mettant l’accent sur le rôle indispensable de la société civile dans la lutte pour l’accès aux soins de santé dans le pays. Elle a également exhorté les leaders à réviser les besoins prioritaires de leurs secteurs respectifs : « L’importance de la société civile réside dans sa capacité à structurer et à regrouper les organisations qui sont, en quelque sorte, l’émanation des besoins de la population. Ce sont ces organisations qui sont les mieux placées, dans le cadre de ce programme mondial, pour identifier les besoins et mener le plaidoyer afin qu’ils soient traduits en programmes et projets. Cela nous permettra non seulement de voir ces activités se réaliser, mais aussi de suivre de près l’évolution et la mise en œuvre de ces interventions. »
Et de poursuivre : « Généralement, nos organisations sont présentes et nous exprimons nos priorités. Cependant, il arrive que certaines soient mises de côté par la suite. Il est donc nécessaire de mener un plaidoyer rigoureux pour suivre ce que nous avons présenté comme priorités, rester informés de l’évolution des interventions proposées et vérifier si elles sont réellement prises en compte dans le budget. Nous devons savoir exactement quelle sera notre participation une fois que les budgets seront définis et disponibles, afin d’évaluer le travail que nous avons déjà effectué sur le terrain. »
Échos de Washington : la société civile au cœur des priorités mondiales

De son côté, le Dr Fritz Moïse, président du Forum de la Société Civile, a fait un compte rendu de la participation de la société civile à la réunion de planification tenue à Washington du 18 au 22 du mois en cours. Cette rencontre visait à planifier l’allocation des fonds relatifs à la prise en charge du VIH, du paludisme (malaria) et de la tuberculose pour les trois prochaines années.
Selon lui, cette réunion a été d’une importance capitale : « Un point essentiel a dominé l’atelier : la forte sensibilité à l’égard de la société civile. Je peux confirmer que, chez tous les partenaires et parties prenantes présents, notamment le Fonds mondial, la Banque mondiale, l’OPS/OMS, le PNUD, l’ONU, l’OGP et le Département d’État américain, la notion de société civile a été au cœur de toutes les sessions. Je pense que nous pourrons compter sur la collaboration de tous pour garantir que la société civile soit omniprésente dans les interventions, les activités et les priorités du GC8. »
Le défi de la budgétisation et de l’intégration
Dr Yvette Benoit, secrétaire exécutive du Comité de Coordination Multisectoriel (CCM), a quant à elle partagé les perspectives stratégiques de l’institution. Elle a confirmé que les premiers retours du Fonds mondial après la soumission de la première ébauche (draft) étaient satisfaisants pour l’ensemble des maladies concernées.

Toutefois, elle a souligné que le plus grand défi actuel résidait dans la finalisation du budget. Le manque de certains éléments et les changements fréquents d’activités du côté du gouvernement et des assurances rendent la tâche particulièrement complexe.
« Le maître-mot actuel est l’intégration », a-t-elle insisté, rappelant que la société civile a de nombreuses activités prévues dans le rapport partagé. « Au cours de ces trois jours, la hiérarchisation des activités indispensables est obligatoire pour s’assurer qu’elles soient bien intégrées dans le budget et le financement disponible. »
Pourquoi cet atelier ?
Mme Sourette Policar, directrice exécutive de l’ODELPA, a contextualisé l’activité tout en présentant les dispositions logistiques et les réalités du terrain : « Haïti continue de faire face à une charge élevée de VIH, de tuberculose et de paludisme, dans un contexte marqué par une instabilité politique persistante, une insécurité généralisée et des chocs climatiques récurrents. Ces crises exercent une pression considérable sur un système de santé déjà fragile et affectent de manière disproportionnée les populations marginalisées et difficiles d’accès. Pour ces dernières, l’accès aux services de prévention, de dépistage et de traitement demeure inégal. Les réponses communautaires, dirigées par les communautés elles-mêmes, sont donc essentielles pour assurer la continuité des services, renforcer la confiance et lever les obstacles sociaux et structurels aux soins. »

Pour sa part, Mme Joanne Isidor, consultante junior, a précisé que cette initiative vise trois objectifs principaux : d’une part, examiner et consolider les contributions des organisations de la société civile afin d’optimiser les documents d’établissement de la subvention CS8. D’autre part, aider ces organisations à définir les modalités de mise en œuvre des activités prioritaires retenues. Et enfin, budgétiser précisément les interventions prioritaires de la société civile pour ce cycle.
Cap sur le Cycle de Subvention 8 (CS8)
Le cœur technique de la matinée a été rythmé par les interventions de Dr Fleurimonde Charles, consultante senior de la consultation. Elle a d’abord dressé un résumé des étapes déjà franchies avant de présenter en détail les mécanismes complexes du Cycle de Subvention 8 (CS8).
Avant de répartir les participants en ateliers, elle a partagé les directives méthodologiques pour les travaux de groupe, mettant l’accent sur la révision critique, la description de la mise en œuvre et la hiérarchisation finale des activités.
Des travaux pratiques axés sur les résultats

Le reste de la journée a été entièrement consacré aux ateliers de réflexion. Les participants se sont répartis en six groupes de travail thématiques et représentatifs : le Community Led Monitoring (CLM / Suivi mené par la communauté), les HARSAH et PS (Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et professionnel(le)s du sexe), les jeunes et les femmes, les PVVIH (Personnes vivant avec le VIH), les personnes transgenres et les organisations non gouvernementales (ONG).
Leur mission principale consiste à réviser minutieusement la liste des priorités qui avaient été initialement présentées lors de la réunion de Washington. Il s’agit de vérifier si ces besoins restent inchangés ou s’ils doivent être ajustés et réadaptés au contexte actuel du pays.
Cet atelier de consultation marque une étape décisive pour garantir que la voix des communautés et de la société civile haïtienne soit solidement intégrée, entendue et priorisée dans les futurs financements de la santé globale.
Esperancia JEAN NOEL











Commentaires