Une 7e édition réussie de la Foire Santé de l'ODELPA
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« Santé papa m se priyorite m », tel est le thème autour duquel s’est déroulée la 7e édition de la Foire de Santé dédiée aux pères, ce samedi 27 juin 2026, organisée par l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA). Déroulée dans son local, à Delmas, cette activité a réuni une cinquantaine de pères issus de plusieurs communautés vulnérables et des sites de déplacés internes de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Elle avait pour objectif d’offrir à ces papas une journée de consultation et de sensibilisation sur diverses thématiques comme la tuberculose, le VIH, les VBG, et autres.
« Cette activité s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la fête des pères, célébrée chaque dernier dimanche du mois de juin. Pour nous, à ODELPA, il s’agit d’une obligation d’accorder à ces pères une journée de consultations gratuites leur permettant d’évaluer leur état de santé, de leur fournir des médicaments gratuits, ainsi qu’un accompagnement psychologique selon les recommandations des médecins », a relaté Mme Esperancia JEAN NOËL, officière de communication à l’ODELPA. Et de poursuivre : « Notre objectif est de rappeler que les pères sont tout aussi importants que les mères. Trop souvent, la fête des pères passe inaperçue et la figure paternelle n’est pas assez valorisée. L’organisation soutient que les mères et les pères ont les mêmes droits, notamment le droit à la santé, qui demeure une priorité. »
L’innovation de cette édition : la santé mentale

Selon Mme JEAN NOËL, pour cette 7e édition, l’accent a été porté sur la santé mentale, parce qu’en général, le focus est mis sur la santé physique (maux de tête, problèmes urologiques et gastriques, pour ne citer que ceux-là), mais la détresse psychologique chez les hommes est souvent négligée. « Dans notre société assez machiste, on éduque les garçons avec l’idée qu’un homme ne doit pas pleurer, ne doit pas exprimer ses problèmes ni montrer ses faiblesses. Pourtant, la santé mentale des pères est aussi affectée, tout comme celle des femmes. Pour y répondre, notre psychologue et notre assistante sociale ont été mobilisés lors de cette journée pour écouter les participants et les aider à se rétablir sur le plan émotionnel », a confié Mme JEAN NOËL aux micros de la presse.
Cette édition a été mise en œuvre avec l’appui du Community Lead Monitoring (CLM) et de la Fondation pour la Santé Reproductrice et l’Éducation Familiale (FOSREF). À travers cette collaboration, l’ODELPA réaffirme son engagement en faveur de la santé communautaire et de l’inclusion des pères dans les stratégies de prévention et de suivi médical.
Prévenir et sensibiliser vaut mieux que guérir
Cette foire médicale a également été marquée par des séances de sensibilisation sur plusieurs pathologies visant à renforcer les connaissances des participants.

La première intervention a été assurée par Robens DOLY, psychologue. Il a présenté le Community Lead Monitoring (CLM), une structure mise en place par la société civile haïtienne depuis 2020, chargée de suivre la qualité des soins fournis dans les établissements de santé offrant des services aux patients paludiques, tuberculeux et PVVIH. De façon minutieuse, il a expliqué le cycle du CLM : allant de la collecte des données, des visites de solutions aux séances de plaidoyer, dans le but d’améliorer ces services sanitaires.
Les interventions se sont poursuivies avec Espérance JEAN NOËL, également formatrice en VIH. Dans sa prise de parole, elle a présenté le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH), à travers ses modes de transmission et ses méthodes de prévention, entre autres. Elle a établi la différence existante entre le VIH et le sida ainsi que l’importance du dépistage volontaire. Aussi, elle a insisté sur la nécessité de combattre la désinformation et la stigmatisation, deux épines pour les PVVIH.

Sans plus tarder, Myriame FRANÇOIS, assistante psychosociale, a animé une séance axée sur les violences basées sur le genre (VBG). Son intervention a permis aux participants de découvrir les différentes formes de violences, leurs répercussions sur les victimes et les comportements à adopter pour prévenir de telles situations. Elle a également partagé des recommandations pratiques visant à encourager des relations basées sur le respect mutuel, l’écoute active et la défense des droits des femmes et des filles.
Quel est le bilan ?
Le docteur JEAN LOUIS Ramecey, médecin participant à l’événement, a exprimé sa joie de pouvoir honorer les pères lors de ce grand rassemblement médical. Cette journée a une nouvelle fois mis en évidence la nécessité de renforcer les initiatives communautaires en matière de santé publique. Selon les observations cliniques de la journée, les pathologies les plus fréquemment rencontrées chez les pères reçus sont : les troubles visuels, les problèmes gastriques et les douleurs articulaires, particulièrement au niveau des genoux. Ces douleurs s’expliquent par la dureté de leur travail quotidien, qui demande souvent de soulever des charges lourdes et d’effectuer des mouvements répétitifs. « Je tiens à rappeler qu’en l’absence de santé, il est impossible de vaquer à ses occupations. J’encourage donc activement les pères, en tant que chefs de famille, à prioriser leur santé pour continuer à soutenir leurs proches », a-t-il déclaré.
Témoignage d’un participant

Daniel Leonce ARISTE, père de famille originaire de Cité Soleil, participant pour la toute première fois, a salué cette initiative de l’ODELPA et de ses partenaires. Il a souligné qu’historiquement, la société haïtienne accorde très peu de valeur aux pères, les célébrations étant toujours réservées pour la fête des mères. Il a vivement applaudi la qualité de l’accueil et le bon déroulement de la journée. Pour la 8e édition, il formule le vœu que l’invitation soit élargie afin qu’un plus grand nombre de pères puissent surmonter leur réticence à fréquenter les structures hospitalières et bénéficier de ces soins gratuits.
Ce rendez-vous annuel, tenu grâce au soutien financier du Community Lead Monitoring (CLM) et de la Fondation pour la Santé Reproductrice et l’Éducation Familiale (FOSREF), a été une réussite. Il témoigne de l’engagement de l’ODELPA à continuer d’accompagner les communautés les plus vulnérables afin de réduire la pauvreté en Haïti.
La rédaction











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