Une formation pour redonner espoir aux femmes vulnérables de Port-au-Prince
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Dans une atmosphère empreinte de vitalité, vingt-cinq femmes se sont réunies, ce jeudi 23 avril 2026, au local de l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) pour prendre part au lancement d’une nouvelle session de formation. Certaines sont issues des quartiers vulnérables de la capitale, d’autres des sites de déplacés internes. Toutes partagent une même et seule réalité : la précarité économique, les traumatismes liés à la violence généralisée et les déplacements forcés.
Cette initiative de cinq jours, organisée en partenariat avec ONUFEMME, s’inscrit dans une campagne d’éducation, de sensibilisation, de soutien psychosocial de renforcement économique. Elle relève de renforcer la résilience des femmes face à la crise humanitaire multidimensionnelle qui secoue le pays depuis des années.
« À travers ce programme, ODELPA et ONUFEMME veulent démontrer que les femmes ne sont pas seulement des victimes de la crise, mais aussi des piliers de la résilience collective. Le pays entier, particulièrement, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, les défis semblent insurmontables, cette formation apparaît comme une lueur d’espoir et un pas concret vers une société plus inclusive et solidaire. Elle vise 200 bénéficiaires à raison de 25 par groupe. », a lancé M. Louiny FONTAL, Président de la FHAMEJOUDDH, pour contextualiser l’activité. « Mise à part des séances de formations, ce programme vise également le renforcement économique. Un concours sera organisé et les gagnantes bénéficieront un fonds pour démarrer ou renforcer une génératrice de revenus ».

Mme Ficeline RATEAU, présidente de l’ODELPA, de son coté, a chaleureusement salué la présence de ces femmes, qu’elle considère comme des héroïnes. Le numéro 1 de l’institution les a exhortés à la résilience. « La formation est une source de pouvoir : elle vous permet de faire des choix éclairés et de défendre votre dignité. Ce n’est pas facile mais vous devez vous armer de courage pour affronter le quotidien. »
Pour sa part, Mme Soeurette Policar, directrice exécutive, dans une visioconférence, a souligné l’importance de l’activité. Elle a encouragé les bénéficiaires à aller vers l’avant nonobstant des obstacles rencontrées et à suivre la formation avec sérosité car elle peut contribuer à leur émancipation et au renforcement de leur capacité.
Le respect des droits humains, un impératif
« Les droits Humains sont les droits que nous avons tout simplement car nous existons en tant qu'êtres humains ; ils ne sont conférés par aucun État. Ils sont fondés sur l’idée que toutes les personnes sont égales et en droit d’être traitées avec dignité et respect, quels que soient leur race, leur sexe, leur genre, leur âge, leur religion, leur handicap ou toute autre caractéristique. Ils sont universels et inaliénables inhérents à chacun et ne peuvent donc être transférés ou perdus », a expliqué M. Sadrack Rateau, formateur en droits de la personne humaine.

Projecteur allumé, micro en mains, M. Sadrack a enchainé avec les différentes normes internationales et nationales protégeant les droits humains. Pour illustrer, il a cité la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, considéré comme étant le premier document juridique en la matière ; le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, deux instruments constituant la Charte internationale des droits de l'homme. Il a également mentionné la Constitution Haïtienne amendée de 1987, entre autres.
Les droits humains sont universels et inaliénables et ne peuvent donc être transférés ou perdus. Ils sont fondamentaux, comme le droit à la vie. Ils rendent notre vie digne d'être vécue, comme le droit à l'alimentation, à l'éducation, au travail, à la santé et à la liberté.
« À côté des droits, il existe également les devoirs. Ce sont les obligations particulières et concrètes que chaque citoyen doit remplir. En d’autres termes, on peut dire qu’ils sont ce à quoi chaque individu est tenu de respecter par rapport à une disposition législative et règlementaire, la morale, sa situation personnelle, sa profession, ses responsabilités », a relaté le facilitateur.
Les VBG, un obstacle pour le respect des droits humains

Dans une autre séquence, Madame Daika FANFAN a dressé un tableau présentant la violence basée sur le genre (VBG), en exposant ses diverses formes : physique, sexuelle, psychologique et économique, en soulignant les ravages qu’elle cause sur les victimes, leurs familles et la société. Elle a insisté sur les conséquences dramatiques, allant des blessures corporelles aux traumatismes psychologiques, en passant par l’exclusion sociale et la précarité économique. Enfin, elle a mis en lumière les principales formes de prise en charge, allant des soins médicaux et du soutien psychologique à l’accompagnement juridique et social, rappelant que seule une réponse intégrée et coordonnée peut briser le cycle de la violence et redonner espoir aux survivantes.
« Lorsque vous êtes victimes de violences, peu importe la forme, ne gardez pas le silence, vous devez en parler à votre entourage pour avoir de l’aide : sociale, judiciaire ou juridictionnelle », a-t-elle conseillé.
De meilleures informations pour protéger les survivantes de VBG
M. Louiny FONTAL, journaliste senior, a présenté, les mécanismes de protection et de recours face aux violences basées sur le genre (VBG) en Haïti, un fléau qui touche particulièrement les femmes, les filles et les femmes trans. Dans un contexte marqué par l'insécurité et l'augmentation des déplacements internes à Port-au-Prince, les conditions de vie précaires dans les sites, telles que la promiscuité et le manque d’éclairage aggravant la vulnérabilité des populations. Dans son intervention, il a insisté sur la nécessité d'une réponse coordonnée pour briser les barrières de la peur et de la stigmatisation qui empêchent souvent les survivantes de solliciter de l'aide.

« le cadre d'intervention préconise une approche centrée sur la survivante, reposant sur des principes fondamentaux de respect, de confidentialité et de consentement éclairé. L'objectif est de structurer une chaîne de prise en charge efficace intégrant les soins médicaux d'urgence, le soutien psychosocial pour la réhabilitation émotionnelle et l'assistance juridique pour l'accès à la justice », a fait savoir le Président de la FHAMEJOUDDH.
En mobilisant les organisations de la société civile, les leaders communautaires et les institutions étatiques, ce programme vise à transformer chaque acteur en un agent capable d'identifier, d'écouter et d'orienter les victimes vers des lieux sûrs, garantissant ainsi leur dignité et leur sécurité.
En dépit des défis rencontrés par ces femmes : déplacements forcés et violences basées sur le genre. Pourtant, l’ambiance de la première journée de formation contraste avec ce climat. Les participantes échangent, partagent leurs expériences et découvrent des outils pour reconstruire leur confiance.
Esperancia JEAN NOEL











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